Une liaison interdite entre une Européenne de quinze ans et un Chinois d’Indochine. Une plongée marquante, sans tabou, dans l’univers durasien.« Très vite dans ma vie il a été trop tard. À dix-huit ans il était déjà trop tard. Entre dix-huit et vingt-cinq ans mon visage est parti dans une direction imprévue. À dix-huit ans j’ai vieilli. »
Sur un bac traversant le Mékong, une Européenne de quinze ans rencontre un jeune Chinois promis à un brillant avenir. Il lui propose de l’accompagner en voiture jusqu’à sa pension de Saigon. Intriguée, la jeune fille accepte. De ce moment fondateur découle un roman initiatique, dans lequel la jeune femme fait l’expérience de sa liberté, tout en bravant les interdits : la liaison d’une Européenne et d’un Chinois, l’acte de la chair.
Dans L’Amant, Marguerite Duras livre, sous la forme d’une autobiographie, l’intimité d’une période marquante dans sa vie d’adolescente et de femme : sa première liaison, avec un jeune Indochinois. Mélange d’images qui ressurgissent et de fantasmes, le texte se fait monologue intérieur de celle qui tente de reconstituer une jeunesse en fuite, alors que les souvenirs disparaissent. Se raccrocher aux mots pour ne pas oublier, tenter de recomposer au plus près de la réalité des émotions enfouies, taboues. Car au centre de ce bouleversant récit est la passion d’un riche Chinois pour celle qui, à quinze ans, est encore une femme-enfant.
Essentiel dans l’œuvre de la romancière, L’Amant l’est de par l’évocation de thèmes familiers à ses écrits, d’Un barrage contre le Pacifique à L’Amant de la Chine du Nord : son enfance indochinoise, l’attitude ambigüe d’une mère, à la limite de la folie, ruinée par l’achat d’une concession qui se révèle sans valeur, la violence du frère aîné, la faiblesse du frère adoré, la connaissance, déjà, de sa vocation d’écrivain. Elle évoque ici la passion, de son écriture singulière, ne donnant jamais de nom, l’évoquant « elle », cette adolescente qu’elle a été mais qui a disparu, parlant de « lui », l’amant qu’elle s’était choisi. Le regard est détaché, mais suscite l’émotion. Marguerite Duras réussit à transformer la description d’un acte cru, l’acte sexuel, en un magnifique livre érotique à classer indiscutablement parmi les grands textes littéraires.
Et de ce voyage durasien, nul ne ressortira indemne.
Merci bcp Laureli pour ce commentaire! En fait j'ai le livre à la maison et je crois que j'ai lu 10 pages et après quelque chose d'autre s'est mis au mieux...mais maintenant j'ai envie de le finir! Et oui c'est un des livres d'Emmaus à Genève, quel beau souvenir!! Mille bisous*
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